Elles Imaginent

Psychologue clinicienne au sein de l’association Elles Imaginent, Manon accompagne les femmes victimes de violences avec une approche profondément humaine, fondée sur la bienveillance, le respect et la sororité. Elle partage ici sa vision de l’écoute, de l’accompagnement et de la reconstruction pas à pas.

Portrait Manon Olivier

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Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Manon Olivier, je suis psychologue clinicienne et je travaille aujourd’hui au sein de l’association Elles Imaginent, qui accompagne des femmes victimes de violences conjugales. Je milite également depuis plusieurs années dans des associations féministes telles que Nous Toutes.

 

Qu’est-ce qui t’a donné envie de rejoindre Elles Imaginent ?

Pour moi, c’est un engagement à la fois professionnel et profondément personnel. Je voulais que mon travail ait du sens, qu’il s’ancre dans des valeurs qui me touchent intimement : la bienveillance, la sororité et le respect de l’autre. En tant que psychologue, je cherchais un lieu où la parole des femmes est accueillie avec respect, où leur rythme est entendu, reconnu. Un lieu qui ne brusque pas, qui n’impose pas, mais qui accompagne avec dignité. Rejoindre Elles Imaginent, c’était aussi répondre à un besoin plus profond : celui de transformer certaines résonances personnelles en force motrice. De faire de ce qui m’habite une ressource dans la relation d’aide.

 

Qu’est-ce que tu trouves de spécifique dans l’approche de l’association ?

Ici, on prend le temps. On travaille en lien, en réseau, dans une démarche profondément humaine. Il ne s’agit pas de “réparer” ou de “sauver”, mais d’accompagner, de soutenir, de permettre à chaque femme de retrouver son pouvoir d’agir, à son rythme. Il y a une vraie attention à la sécurité, au respect, à la liberté des femmes. Et ça, c’est précieux.

 

Qu’aimerais-tu dire aux femmes qui vivent ou ont vécu des violences

Qu’elles ne sont pas seules. Qu’elles ne sont pas responsables. Que ce qu’elles vivent est grave, même si personne ne les croit, même si elles doutent. Et qu’il existe des lieux, des personnes, où elles seront écoutées sans jugement. Demander de l’aide, ce n’est jamais une faiblesse. C’est un acte de courage immense.

Et à celles et ceux qui veulent aider ?

Écoutez. Croyez. Ne minimisez pas. Orientez vers des structures spécialisées. Et surtout, respectez le rythme de la personne. On ne sauve pas quelqu’un malgré elle. Mais on peut être là, présent.e, prêt.e à accueillir quand elle le demande.